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Jean-François Caujolle : « Beaucoup de tension et d’émotion »

Published 24/02/2019

Jean-François Caujolle : « Beaucoup de tension et d’émotion »

Au jeu des finales préférées, Jean-François Caujolle a l’embarras du choix. Depuis 1993, les plus grands se sont retrouvés sur le court du Palais des Sports. Certains ont inscrit leur nom plusieiurs fois au palmarès, d’autres n’ont jamais réussi. Certains ont surpris, d’autres ont ému plus particulièrement. Retour sur 26 ans de souvenirs de finales avec le directeur de l’Open 13 Provence.

La plus tendue : 1995 Becker b. Vacek 6/7 6/4 7/5
"Une des finales où il y a eu le plus de tension et d’émotion. A l’époque, on jouait sur une surface encore plus rapide. Et là, il y avait deux gros serveurs qui s’affrontaient. On sentait tout de suite qu’il y avait quelque chose. Il faut dire qu’ils avaient tous les deux une attitude assez bestiale sur le court. Je ne pense pas qu’ils s’appréciaient beaucoup ! C’était chaud. Becker s’en était sorti au deuxième set, un peu par miracle, sur deux doubles fautes de Vacek. Et puis, il y a cette balle de match. Vacek est au service, il est mené, 5/4 et 40/30. Becker pense faire un retour gagnant, il s’arrête de jouer et avance en levant les bras. Mais l’arbitre crie « Faute », pas faute pour son retour, faute pour le service. Becker vient bien sûr discuter. Ils rejouent deux balles. Et derrière, finalement, il gagne. Il y avait énormément de tension. Sur cette surface, très rapide, avec deux gros serveurs, tout pouvait se passer. En termes d’émotion, de tension, de poids, on sentait que c’était lourd."

Les Français, artisans du succès
"Les finales avec des Français ont forcément compté. J’ai de bonnes relations avec chacun, je les connais bien et puis, il faut être conscient qu’ils ont fait le tournoi. La réussite qu’on connaît, c’est grâce à eux. Le duo Clément – Grosjean du début des années 2000 a vraiment permis au tournoi d’éclater. Ils arrivaient d’Australie, ils ont joué le jeu, ils ont toujours eu une implication incroyable. Leur rôle a été très important. Pour moi, c’est même le déclic. Il y a aussi bien sûr Jo. Avec lui, c’est aussi une grande histoire. Toutes ses finales n’ont pas été spectaculaires, mais il y en a eu une vraiment forte, c’est celle face à Berdych, en 2013, quand il sauve une balle de match. Les matches de Jo ont toujours généré beaucoup d’intensité. Il dégage quelque chose, Jo, il est comme Becker. Et pour moi, cette finale face à Berdych, où il sauve cette balle de match dans le tie break du deuxième set, est vraiment à égalité avec la finale Becker-Vacek. Et bien sûr il y a Gilles qui a gagné deux fois et la magnifique victoire d’Arnaud Clément qui est un enfant du tournoi."

La plus inattendue : 2004 Hrbaty b. Söderling 4/6 6/4 6/4
"Sans hésitation, la finale entre Hrbaty Soderling. C’était l’un des tableaux les plus forts. Malgré ce qu’on pouvait penser au départ, ça a été une belle finale en matière de jeu, avec d’un côté Hrbaty qui était un petit filou et de l’autre Söderling, qui était jeune et arrivait sur le circuit. Je me souviens : Hrbaty perd le 1er set, puis il est mené au deuxième et à 5-4, subitement, il demande un arrêt. Il va au vestiaire pour un problème de chaussure. A ce moment-là, Söderling se déconcentre, puis il y a encore une interruption à 30-A, pour aller changer de chaussures ou quelque chose comme ça. Söderling fait alors une double faute, met un coup droit dans les bâches et devient fou. Le break à la fin du 3e se fait avec un très bon niveau de jeu. C’était la moins esthétique sur le papier, mais ça on ne peut pas y faire grand-chose !"

Les Suisses comme à la maison
"Quand je pense à mes finales les plus marquantes, il y parfois a un peu de fierté personnelle ou d’ego qui entre en ligne de compte ! La victoire de Federer, quand il bat Bjorkmann, c’est un souvenir particulier. Il y avait de la tension là aussi, et moi je voulais qu’il gagne. Pourtant, ce n’était pas le Federer d’aujourd’hui, il n’était pas très connu, mais j’aimais vachement son jeu et j’appréciais beaucoup le garçon, car à l’époque, c’était encore un garçon. Avant sa victoire, il ya évidemment aussi la finale entre lui et Rosset. Alors là, Federer n’était vraiment pas connu, car c’était un jeune joueur, mais il avait un jeu exceptionnel. Et il jouait son grand frère, qui était Marc Rosset. Il faut savori qu’avec Marc, on a une histoire incroyable. Marc est un joueur qui joue sur le feeling. Il appréciait de jouer à Marseille parce qu’il s’éclatait ici. Comme Kafelnikov, il jouait bien là où il se sentait bien. Et il se sentait bien ici. C’étaient donc des finales importantes, qui en plus, en matière d’intensité, ont été énormes. Dans les victoires qui comptent, il y a justement aussi celle de Kafelnikov en 2001. Il était venu sans demander de garantie et avec la volonté de remporter le tournoi alors, qu’il avait déjà gagné en Grand Chelem. Il l’a annoncé et il l’a fait. Et puis il y a celle de Juan Martin Del Potro, sa première victoire en indoor."

La finale rêvée qui n’a pas eu lieu
"Cela peut paraître surprenant mais j’aurais aimé une finale Becker / Stich. Cela m’aurait plu ! Elle n’a pas eu lieu, ils se sont loupés deux fois. Pourtant, ça aurait été marrant parce que c’était le n°2 mondial, Michael Stich, et Boris Becker, qui était un peu moins bien classé mais qui restait Becker. A l’époque, il y avait plusieurs télévisions allemandes présentes. C’était le calife et le grand vizir Iznogoud. J’aurais évidemment adoré avoir également une finale Tsonga – Monfils, deux joueurs spectaculaires, même si celle entre Simon et Gaël était très intense aussi !
Ensuite, il y a Djokovic et Nadal qui n’ont pas gagné ici. Mais c’est facile d’en parler apèrs. Bien sûr que j’aurais aimé avoir sur mon palmarès Rafael Nadal et Novak Djokovic. Mais ils n’ont pas gagné, tout simplement, c’est comme ça. En plus, Djoko perd une année contre Gilles en huitième et ensuite en demi-finale contre Jo qui fait un de ses meilleurs matchs, c’est lui même qui le dit. Nadal, quand il perd, c’est Arnaud qui le bat, donc au finale, on n’est pas perdants là non plus !"

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