balle

Début du tournoi dans

J
H
Min
Sec
Partner open 13

Jean-Pierre Foucault : « On ne peut plus s’en passer ! »

Publié le 23/02/2019

Jean-Pierre Foucault : « On ne peut plus s’en passer ! »

Jean-Pierre Foucault est un inconditionnel de Marseille, cette ville où il est né et qu’il n’a jamais vraiment quittée. De ses balades d’enfance dans les calanques, à sa passion pour l’OM, l’animateur évoque ses souvenirs marseillais. Sans oublier l’Open 13 Provence, rendez-vous devenu immuable à ses yeux.

Etes-vous Marseillais de naissance ?
Oui, je suis né à la Clinique Bouchard, comme de nombreux Marseillais. Ensuite, j'ai habité les quartiers sud de Marseille, vers Bonneveine à la Vieille Chapelle, pendant les 19 premières années de ma vie. Là, je suis parti travailler à Monte-Carlo. Mais Marseille est toujours restée un aimant tout au long de ma carrière, puisque dès que je peux, je reviens chez moi à Carry.

Quels souvenirs d'enfance gardez-vous à Marseille ?
Mon enfance s’est passée dans ce quartier de Bonneveine, où il n'y avait que des écuries et des jockeys, puisque le parc Borély était à quelques pas. Je garde des souvenirs du lycée Marseilleveyre, où j'ai fait mes études secondaires, ainsi que de l'ensemble du massif Marseilleveyre. Comme j'étais scout, on allait souvent se balader et camper. C'était pour moi une liberté absolue de visiter les calanques à pieds et de sentir les arbousiers, les mimosas, les genêts en fonction des saisons. J'ai passé une enfance heureuse à Marseille, sauf que j'ai perdu mon père très jeune, à 12 ans. Cela a donc été forcément un peu plus compliqué à partir de là.

Qu'est-ce qui caractérise au mieux la ville selon vous ?
La ville est à l'image de sa géographie. Quand vous ouvrez les bras : Marseille, c'est ça. Au bout du bras gauche, ce sont les quartiers sud et au bout du bras droit les quartiers nord. C'est une ville qui a les bras ouverts, qui a toujours été importante pour celles et ceux qui arrivaient d'ailleurs. Mes copains d'enfance étaient Italiens, Arméniens, Espagnols et on ne se posait pas de question, puisque nous étions tous Marseillais. Mon père était du Poitou et ma mère d'origine polonaise, mais je suis Marseillais. C'est une ville extrêmement généreuse. Et puis, il y a autre chose : au moment où je vous parle, je suis à Paris. Le jour ne s'est toujours pas levé, la journée va être en noir et blanc, alors que je suis sûr que si vous êtes à Marseille, c'est tout en couleurs. C'est la ville qui soigne le plus par luminothérapie, ce qui est essentiel pour la santé de chacun.

« Etre Marseillais, c’est d’abord aimer sa ville »

Ça veut dire quoi « être Marseillais » ?
Etre Marseillais, c'est d'abord aimer sa ville. J'ai perdu l'accent, car je ne vis plus à Marseille au quotidien, mais lorsque j'y retourne j'ai des pointes d'accent qui reviennent. Quand je suis arrivé à Radio Monte-Carlo, on m’a demandé de le corriger. Je trouve cela dommage, parce que l’accent, c’est l'identité. A Marseille, elle est très forte. On est fier d'être Marseillais, comme on dirait au football. Je suis en plus casanier, j'aurais du mal à quitter mon pays, mais encore plus ma ville, avec ses 111 villages qui ont marqué ma vie.

Que préférez-vous ici ?
J'aime le fait que les 111 villages de Marseille ne forment qu'une ville. On se reconnaît tous, quels que soient les origines et le niveau social. Notre seul lien unique, fort et immuable, c'est d’être Marseillais. Et franchement, je suis très heureux et fier de l'être. Je plains les gens qui n'ont pas d'identité à travers leur lieu de naissance. Quand je suis au bout du monde, que j'ai un peu de tracas, je pense à ma ville, je pense à mes copains marseillais et ça me fait du bien.

Si vous pouviez-être quelque part à Marseille, tout de suite, ce serait où ?
Je vais direct au Vieux Port, car c'est là que tout a commencé. Il y a 2 600 ans, Gyptis et Protis ont débarqué dans cette calanque naturelle. Ils étaient à des années-lumière de penser que tous ces siècles plus tard, on parlerait d'eux ! Et puis, si je me mets sur la terrasse du Sofitel et que je regarde le port de Marseille, c'est absolument magnifique, surtout le matin lorsque le soleil l'éclaire dans le bon sens. Si je pouvais, là, je prendrais un café, en regardant les bateaux qui entrent et qui sortent entre Saint-Jean et Saint-Nicolas.

Malgré la place du foot à Marseille, le tennis compte-t-il pour vous ?
Bien sûr, avec l'Open 13 Provence. Je joue au tennis, même si je joue mal ! J'ai commencé quand j'étais enfant au bout du boulevard Michelet. Ma mère m'avait inscrit là-bas. Le tennis a une place importante ici, car l'Open 13 Provence est connu dans le monde entier. C'est fantastique que cette manifestation perdure. C'est un rendez-vous des amoureux du tennis, mais surtout, il est devenu immuable. Moi, j’étais au lycée avec Patrick Caujolle, le frère de Jean-François, donc j'ai un peu vécu la naissance du tournoi par capillarité. Les parents Caujolle avaient une librairie au grand Saint-Giniez. On s'est perdus de vue, les liens se sont distendus, mais on s'est retrouvés parfois dans les coulisses de l'Open 13 Provence.

« Il n’y a pas que Paris et le Parc des Princes ! »

Quel est votre premier souvenir de ce tournoi ?
Je ne me souviens même plus du premier match que j’y ai vu. En revanche, je me souviens que je regardais autour de moi et que j’aimais voir l'extrême bonheur des spectateurs qui se disaient : « Je n'ai pas besoin d'aller à Roland-Garros pour voir du beau tennis ».

Suivez-vous le tennis ?
Le joueur qui m'a marqué, c'était Björn Borg, parce qu'on habitait tous les deux à Monaco. Je le connaissais, lui et Mariana, sa femme. Un jour, je l'ai mis au défi de faire une partie de tennis avec moi. Il m'a dit : « Je t'ai vu jouer, il vaut mieux que tu aies un partenaire contre moi seul ». J'étais donc d'un côté du filet, avec Mariana, au Country Club à Monaco, et lui était seul en face. Ses deux premiers services ont troué le grillage derrière moi ! J'ai tout de suite compris ce qu'était un service de Björn Borg et j'ai dit stop. Yannick Noah, qui saute le filet du court central de Roland-Garros pour tomber dans les bras de son père, reste aussi un souvenir très fort. Je suis plutôt sur les joueurs de ma génération.

Comment expliquez-vous que les meilleurs joueurs du monde - Federer, Nadal, Murray, Djokovic - ont tous au moins une fois disputé l'Open 13 Provence ?
Parce qu'ils ne sont pas idiots ! Ils savent qu'il n'y a pas que les soi-disant grands rendez-vous qui comptent dans une carrière. Ils savent très bien que même si l'Open 13 Provence n'est pas un Grand Chelem, c'est un passage obligé. Il n'y a pas que Paris. Il n'y a pas que le Parc des Princes et Roland-Garros. Il y a aussi le Vélodrome et l'Open 13 Provence.

Quelle est votre explication pour la longévité du tournoi qui en est cette année à sa 27e édition ?
Il est organisé avec rigueur. Le plateau chaque année est exceptionnel. Le tennis est un sport mais aussi un spectacle. Dans le public, il y a les amoureux de tennis et ceux qui viennent juste assister à ce combat entre deux gladiateurs. Le succès de l'Open 13 Provence est que maintenant, inconsciemment, on ne peut plus s'en passer. Ni les joueurs, ni le public, et c'est pour cela que cet Open 13 Provence est pérenne.

Partager

Les autres actualités

Ce site utilise Google Analytics. En continuant à naviguer, vous nous autorisez à déposer un cookie à des fins de mesure d'audience.
En savoir plus.

Fermer