
Ne prenons pas de pincettes: la perf réalisée par Albano Olivetti face à Mardy Fish est l'une des plus grosses enregistrée sur le circuit ATP dans l'ère Open. Pensez ! Le 388e mondial qui s'offre le 8e. Dit autrement, un joueur de niveau Future, la troisième division du circuit pro, qui bat l'une des meilleures raquettes de la planète. Un exploit qui rappelle la victoire du Néerlandais Peter Wessels, 488e mondial, qui avait disposé de Tommy Robredo alors 7e mondial, à 's-Hertogenbosh, aux Pays-Bas, en 2007.
Pour Olivetti, le tournoi des grandes "premières" continue donc : première qualif pour un tournoi ATP (en ayant sauvé deux balles de match au dernier tour), premier victoire sur un top 100, premier succès sur un top 10 pour un premier quart de finale dans un ATP 250. Le jeune homme est pressé !
Absolument pas impressionné par l'enjeu, ni par le CV de son adversaire, le joueur de Strasbourg, 20 ans, entre bien dans le match. A lui le premier break, bien offert par Fish, sur une très vilaine double faute. Olivetti, soutenu par son entraineur à la FFT, Laurent Raymond, tient le choc et boucle la première manche. Le service claque, en moyenne à 210 km/h en premières balles, les volées sont bien déposées, et en fond de court, c'est plutôt solide aussi.
Sur sa lancée, Olivetti mène 3-1 dans le deuxième set. L'exploit est proche. Mais rattrapé par le pression -ô combien légitime- et un coup de pompe physique, le géant alsacien (202 cm) remet complètement Fish dans la course en lâchant par deux fois sa mise en jeu. L'Américain n'a pas abdiqué, loin de là...
Comment le jeune Français a-t-il digéré ce retournement de situation ? Parfaitement bien. Et c'est là, où, Olivetti, malgré sa découverte du haut niveau, a été formidable. Il est reparti au combat comme si de rien n'était. Agressant tant qu'il le pouvait l'Américain, il réussit à le faire craquer d'entrée troisième manche. Cette fois, Olivetti tient le choc, écarte deux balles de debreak à 4-2, et ne tremble pas, quelques minutes plus tard, au moment de servir pour le match. Chapeau bas !
Olivetti a gagné, et l'impressionnant, est que ses stats ne sont pas si hallucinantes : 49% de premières balles -avec 23 aces tout de même-, 82% de points gagnés derrière sa première balle et simplement 49% derrière sa deuxième. Pas mal donc mais pas incroyable. L'explication ? Une petite douleur aux abdominaux !
Mardy Fish a ensuite salué la performance du Français expliquant qu'il n'avait encore jamais joué contre un adversaire qui sert aussi fort. Pour l'Américain, le service d'Olivetti est assurément plus difficile à retourner que celui d'Ivo Karlovic ou John Isner. Joli compliment.
Ce vendredi, l'Alsacien va retrouver Michaël Llodra pour un deuxième quart de finale 100% français. L'Open 13 est donc assuré de la présence de deux joueurs tricolores dans le dernier carré. Mais ce qui est sûr, c'est que cet affrontement inattendu, entre deux joueurs soucieux de prendre le filet à la première occasion, va faire des étincelles. Les amoureux du tennis d'attaque seront servis !